Coupures budgétaires et taxation des motos

Lors d’une conférence de presse tenue le 5 novembre 2008, le ministère de l’économie espagnol a avoué avoir menti pour justifier la hausse des taxes pour les motos de plus de 100 cv.

Interrogé par l’Asociación Mutua Motera sur l’augmentation, votée en août dernier, de la vignette pour les motos, Pere Navarro, le directeur général du trafic, a déclaré qu’elle était uniquement imputable aux restrictions budgétaires et n’avait rien à voir avec des questions de sécurité routière.

Bien que le rapport TNO montre qu’il n’y a pas de lien entre la puissance d’une moto et l’accidentologie, les motos de plus de 100 cv sont plus taxés. M. Navarro a déclaré que cette décision venait du ministère de l’économie et que lorsque celui-ci avait réformé la taxe sur les véhicules pour prendre en compte des critères de pollution, il avait oublié que les motos polluaient moins et donc ne seraient plus imposées, et donc que la raison n’était pas liée à la sécurité routière mais à la fiscalité.

Il a ainsi reconnu que le ministre des finances mentait en établissant un lien entre taux d’imposition et manque de sécurité pour les motos. C’est la première fois qu’une personnalité du niveau de directeur général de la circulation reconnait publiquement que le gouvernement a menti afin d’obtenir un texte de loi.

D’autre part, il a admis que le doublement des glissières de sécurité avait été retardé par manque de budget, réfutant ainsi les propos du gouvernement qui prétendait engager un plus grand investissement dans les infrastructures, justement pour essaye de contrer le manque d’activité privée dû à la crise. Cette déclaration est particulièrement grave car elle signifie que le gouvernement a l’intention d’utiliser la crise comme une excuse dans la discrimination à l’égard des citoyens motards, et ce dans un domaine aussi important et vital que la sécurité routière.

M. Navarro a aussi déclaré que son incitation des forces de l’ordre à verbaliser plus serait une légende urbaine. Pourtant il y a quelques jours plusieurs syndicats de police ont dénoncé la proposition de plusieurs commissaires d’imposer aux agents des critères de productivité sur les amendes de la circulation.

Il a néanmoins terminé son intervention en admettant que les routes n’étaient pas construites en pensant aux usagers vulnérables, dont les motards, et qu’il y avait notamment trop d’obstacles latéraux..

L’AMM remercie M. Navarro pour sa sincérité en reconnaissant les erreurs de l’actuel gouvernement sur des sujets aussi graves et rappelle son opposition aussi bien à la réforme des taxes sur les véhicules qu’à la réduction des budgets de sécurité routière.

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